
Purification de l’air | Réduction de la température ambiante | Conservation de l’eau | Surface sécuritaire | Terrain fertile
La présence de pelouse en milieu urbain est souvent attribuée au désir des citadins d’avoir simplement un beau tapis vert devant leur propriété. Pourtant, la pelouse apporte plusieurs bienfaits tant au niveau de l’environnement et de la santé des citadins, qu’au niveau récréatif.

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En milieu urbain, l’air contient des particules de poussière et des polluants qui réduisent la qualité de l’air que nous respirons. Les pelouses retiennent jusqu’à 12 millions de tonnes de fumée et de poussière provenant de l’atmosphère. |
Une pelouse d’environ 230 m2 par le processus de la photosynthèse produit assez d’oxygène pour une famille de 4 personnes pour une année. De plus, 0,4 hectare de pelouse séquestre une tonne de dioxyde de carbone (CO2) et absorbe des centaines de kilogrammes de bioxyde de soufre (SO2) par année.
Les pelouses améliorent également la qualité de l’air en limitant l’implantation de certaines mauvaises herbes telles que la petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia), laquelle cause de sérieux problèmes d’allergies et qui s’implante sur les surfaces mal entretenues et les terrains vagues.
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Avec le développement urbain et la construction de maisons et d’édifices, la température de nos villes tend à augmenter, causant des périodes de chaleur intense durant l’été et par ce fait, des problèmes de santé chez plusieurs groupes de personnes plus sensibles (ex. : jeunes enfants et personnes âgées). Il est depuis longtemps reconnu que les végétaux en milieu urbain contribuent à réduire la température ambiante, soit en procurant de l’ombrage ou par leur processus d’évapotranspiration (quantité d’eau libérée dans l’atmosphère par évaporation et par transpiration des plantes). Il en est de même pour les pelouses qui, grâce à ce processus, rejettent des milliers de litres d’eau dans l’atmosphère. Comparativement à des zones pavées (trottoir et aire de stationnement), la température peut être jusqu’à 14° C plus basse à la surface d’une pelouse.
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Les pelouses ont une très bonne capacité d’absorption de l’eau soit, six fois supérieure à celle d’un champ de blé et quatre fois plus qu’un champ de foin. Aussi, de part son système important de tiges et de racines, la pelouse contribue à réduire le ruissellement, à retenir les particules de sol et certains polluants qui pourraient se retrouver dans les cours d’eau. Une pelouse de pâturin du Kentucky peut recevoir jusqu’à 25 mm d’eau dans un très court laps de temps, sans ruissellement majeur. De plus, les pelouses sont d’excellents couvre-sol pour réduire ou empêcher le phénomène d’érosion (perte de sol par l’action de l’eau ou du vent).
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Les pelouses sont utilisées pour les terrains sportifs et les parcs car elles procurent une surface de jeux sécuritaire comparativement à d’autres plantes et aux surfaces synthétiques. |
Les risques de blessure des joueurs sont moindres sur les pelouses étant donné leur très bonne adhérence et leur capacité d’absorber les chocs grâce à une couche importante de matière organique en surface.
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Lorsqu’on regarde de plus près cette pelouse à l’apparence d’un tapis vert, on remarque tout d’abord que ce tapis est constitué de milliers de plantes pérennes (vivaces) ayant chacune un système racinaire dense ainsi qu’un feuillage abondant. |
Sous les brins de gazon, se forme une couche appelée « feutre » qui est en fait une couche de matière organique s’étant formée suite à la décomposition des tiges, des feuilles et des racines mortes de la pelouse. Ce feutre permet au gazon de résister au piétinement mais également de filtrer plusieurs composés chimiques et ainsi limiter leur migration vers les nappes phréatiques.
Dans ce tapis vert se cache également une diversité biologique des plus impressionnantes. En effet, les pelouses de graminées supportent une faune diversifiée de micro-organismes et d’invertébrés (ex. : les insectes) comprenant des herbivores, des ennemis naturels et des décomposeurs de matière organique. Trop souvent, la présence de ces organismes bénéfiques est méconnue par le public et les gestionnaires d’espaces verts. Pourtant, une meilleure connaissance de cette diversité est essentielle à une meilleure compréhension du rôle et du fonctionnement de l’écosystème d’une pelouse.

Au Québec, jusqu’à ce jour, peu de données étaient disponibles quant à la biodiversité des organismes retrouvés dans les pelouses. Un projet d’une durée de trois ans fut réalisé de 2003-2006 à l’Université Laval afin de caractériser cette biodiversité dans deux types de pelouse, soit une pelouse constituée à 100% de pâturin du Kentucky, et une autre, plus diversifiée au niveau végétal, avec 40% de graminées à gazon et 60% de plantes à feuilles larges (ex. : pissenlit, plantain, oxalide, etc.).
Les résultats de cette étude ont démontré que peu importe la diversité végétale, la même diversité d’arthropodes a été retrouvée soit :
- Plus d’une soixantaine d’espèces différentes;
- Plus de 34 000 arthropodes (millipèdes, araignées, insectes) échantillonnés annuellement.
Fait intéressant, la grande majorité (plus de 90%) de ces arthropodes étaient des organismes bénéfiques (prédateurs, décomposeurs)!
Dans cette même étude, le nombre d’organismes décomposeurs de matière organique a été mesuré dans les deux types de pelouse et ce nombre était deux fois plus élevé dans la pelouse de pâturin du Kentucky que dans l’autre pelouse plus diversifiée. Ces résultats sont d’ailleurs similaires à ce qui a été observé dans d’autres études américaines.
Comment expliquer cette abondance et cette diversité?
- L’apport régulier de matière organique provenant de la pelouse et via les résidus de tonte;
- L’abondance de proies pour les insectes prédateurs présents dans la pelouse;
- L’importante densité végétale de la pelouse qui permet de réduire les variations d’humidité et de température au niveau du sol et du feutre, facteurs importants pour le développement et la survie des organismes qui vivent dans cet écosystème.
La pelouse n’est donc pas un milieu stérile et sans vie. Au contraire, il abrite des organismes vivants qui jouent des rôles importants dans la structure du sol, la décomposition de la matière organique et dans le contrôle des organismes nuisibles.
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